En novembre 2025, la France a pris une décision inédite en engageant une procédure de suspension contre la plateforme de commerce en ligne d’origine chinoise. Cette intervention gouvernementale sans précédent marque un tournant dans la régulation des géants du e-commerce opérant sur le territoire français. Les autorités françaises ont découvert des produits illicites d’une gravité exceptionnelle en vente sur le site, déclenchant une mobilisation immédiate des ministères concernés. L’affaire a pris une ampleur nationale lorsque des articles interdits par la législation ont été signalés par une consommatrice vigilante. Le gouvernement français a alors déployé un arsenal de mesures administratives et judiciaires pour contraindre l’entreprise à prouver sa conformité avec les normes hexagonales. Cet article examine les deux dimensions principales de cette crise : d’une part, les démarches institutionnelles entreprises par l’État pour suspendre les activités du site, et d’autre part, les découvertes choquantes de produits prohibés qui ont justifié cette intervention d’une rigueur exceptionnelle dans le paysage commercial français.
Les mesures gouvernementales et judiciaires pour suspendre la plateforme
Le 5 novembre 2025, le Premier ministre Sébastien Lecornu a officiellement lancé une procédure visant à obtenir la suspension temporaire des activités de la plateforme. Cette démarche exigeait que l’entreprise prouve aux pouvoirs publics français la conformité intégrale de ses contenus avec la législation nationale. Un premier bilan devait être établi dans les quarante-huit heures suivant cette annonce.
Les ministres concernés ont orchestré quatre actions distinctes et complémentaires. La DGCCRF a délivré une injonction de mise en conformité immédiate en s’appuyant sur l’article L521-3-1 du code de la consommation. Parallèlement, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a saisi le tribunal judiciaire de Paris pour demander le blocage du site, invoquant l’article 6-3 de la Loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique. Une demande d’enquête formelle a également été transmise à la Commission européenne. Enfin, une opération de contrôle d’envergure a été lancée le 6 novembre à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle.
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé l’ouverture systématique de 200 000 colis par les douaniers, une opération inédite sur le territoire français. Cette mobilisation massive illustre la détermination des autorités à identifier tous les produits non conformes transitant par le territoire national.
Roland Lescure, ministre de l’Économie, a planifié une rencontre avec les fournisseurs d’accès internet. Le gouvernement brandissait la menace d’une réquisition numérique permettant d’exiger la suspension totale du site si des articles interdits demeuraient accessibles après le délai imparti. Cette mesure témoigne de la fermeté gouvernementale face aux manquements constatés.
Face à cette pression, l’entreprise chinoise a réagi le 6 novembre en suspendant totalement sa marketplace via un constat d’huissier. Cette décision radicale a entraîné la disparition soudaine de dizaines de milliers d’articles sur le site français. Seule la catégorie vestimentaire portant l’étiquette de la marque principale est restée visible en ligne. Les produits des vendeurs tiers – accessoires sportifs, articles de beauté, ustensiles de cuisine, produits ménagers – se sont volatilisés du catalogue français.
Malgré cette mise en conformité forcée, les procédures judiciaires engagées se poursuivent sans relâche. L’État maintient une surveillance rapprochée de la plateforme et continue le contrôle des produits saisis en douane. L’audience initialement prévue le 26 novembre 2025 devant le tribunal judiciaire a été reportée au 5 décembre pour des raisons procédurales, non de fond. Cette suspension constitue une première historique en France contre une plateforme d’e-commerce d’une telle envergure.
Les scandales des produits illicites ayant déclenché l’intervention
La découverte de poupées sexuelles à l’effigie d’enfants représente le scandale le plus choquant ayant justifié l’intervention gouvernementale. Une consommatrice de 60 ans, lectrice attentive du magazine 60 Millions de consommateurs, a joué le rôle de lanceuse d’alerte. En naviguant dans les onglets beauté et santé du site, elle a découvert ces articles à caractère pédopornographique et a immédiatement effectué un signalement sur SignalConso, le service de la répression des fraudes.
Le parquet de Paris, saisi par les signalements de la DGCCRF, a confié quatre enquêtes à l’Office des mineurs. Ces investigations ont rapidement produit des résultats concrets. Dans les Bouches-du-Rhône, un homme de 56 ans a été interpellé après avoir commandé une poupée à caractère pédopornographique. Le suspect, déjà condamné pour agression sexuelle, a reconnu avoir passé cette commande à des fins sexuelles. Il recevra une convocation devant le tribunal correctionnel.
La vente d’armes de catégorie A constitue le second volet du scandale. Le 5 novembre, Antoine Vermorel-Marques, député LR de la Loire, a effectué un signalement au procureur de Paris après avoir constaté la présence de poings américains et de machettes en vente sans restriction d’âge. La législation française punit cette commercialisation de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.
Serge Papin, ministre du Commerce, a révélé qu’une arme vendue sur cette plateforme avait servi à l’assassinat du jeune Elias, tué d’un coup de couteau pour un téléphone dans le 14e arrondissement de Paris le 26 janvier précédent. Cette révélation a amplifié l’indignation publique face aux conséquences dramatiques de cette commercialisation illégale.
Les tests effectués sur les produits des plateformes asiatiques révèlent une situation alarmante. 94% des articles ne respectent pas les règles européennes, dont 66% sont jugés dangereux pour la santé. Greenpeace Allemagne a découvert que 15% des produits testés contenaient des substances cancérigènes. Ces chiffres illustrent les risques sanitaires auxquels s’exposent les consommateurs européens.
L’entreprise chinoise tente de se défendre en invoquant un dysfonctionnement de sa marketplace. Elle cherche à distinguer sa marque principale de la plateforme où elle fait office d’intermédiaire entre acheteurs et vendeurs. En revanche, les autorités françaises maintiennent leur position ferme et poursuivent les procédures engagées, considérant que la responsabilité de l’opérateur demeure entière.
