Promenades en buffle en Asie

Se protéger des maladies tropicales en voyage

Qui ne rêve pas de vacances sous les tropiques ? Le soleil, les plages de sable fin et les cocotiers qui ondulent sous l’action du vent font rêver beaucoup d’entre nous. Il faut cependant se rappeler que les tropiques, en dehors de leur caractère idyllique, abritent un nombre impressionnant de pathologies, dont certaines peuvent avoir une issue fatale. Se protéger des maladies tropicales doit donc être un impératif lors de vos voyages.

Préparation du voyage

La prévention commence bien avant le voyage. En préparant correctement votre voyage, vous êtes assurés de vous prémunir contre un grand nombre de pathologies. Le premier geste consiste à vous informer sur les maladies tropicales auxquelles vous pourrez être potentiellement exposées. Vous pouvez obtenir cette information auprès de votre médecin ou en consultant certains sites comme celui de l’Organisation Mondiale de la Santé (www.who.int).

Principales maladies tropicales

Le paludisme (malaria)

Le paludisme qui fait partie des redoutables maladies tropicales, est causée par des protozoaires parasites appartenant au genre Plasmodium. Ces derniers sont portés par des moustiques infectés et transmis par leurs piqûres. Une fois dans votre corps, le pathogène peut avoir des effets dévastateurs s’il n’est pas détecté et traité immédiatement. Les parasites commencent par attaquer le foie et se déplacent pour infecter les globules rouges, ce qui entraîne une réduction du débit sanguin vers des organes vitaux.

Il est fortement recommandé que les voyageurs, qui visitent des pays avec un risque élevé de paludisme, prennent des médicaments antipaludiques avant et pendant leur voyage. Votre médecin généraliste pourra vous recommander le médicament qui convient le mieux à votre situation et à votre destination. Les traitements prophylactiques les plus utilisés contre le paludisme incluent la chloroquine, la doxycycline et la méfloquine. Les moustiques de certaines régions ayant développé une résistance à certains médicaments antipaludiques, il est donc essentiel que vous choisissez le plus efficace pour votre voyage.

L’Afrique constitue de loin le continent le plus touchés. Le paludisme est endémique dans la plupart des pays Africains sauf les pays d’Afrique du nord comme l’Algérie, le Maroc, la Libye, la Tunisie et l’Egypte. Dans la péninsule arabique, la malaria est présente au Qatar, au Yémen, au Koweït, en Irak, Oman et en Arabie Saoudite. Sur le continent Américain, la maladie est présente en Amérique australe et centrale, ainsi que dans les Caraïbes. La pathologie est absente aux Etats-Unis, au Canada, au Paraguay, en Argentine, en Uruguay et au Chili.

En Asie ce sont les pays du sud-est et du centre qui sont les plus touchés avec des pays comme le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, Népal, le Sri Lanka, la Chine, la Corée du Nord, la Corée du Sud, le Cambodge, le Timor Oriental, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, la Birmanie, les Philippines, la Thaïlande, le Viet Nam, Afghanistan, l’Iran, le Pakistan, l’Ouzbékistan, la Turquie et l’Azerbaïdjan. Dans le Pacifique, on trouve des pays comme la Papouasie Nouvelle Guinée, le Vanuatu et les îles Salomon.

Voir notre guide complet pour traiter efficacement le paludisme

La dengue

La dengue est une maladie causée par une famille de virus transmis par des moustiques du genre Aedes. Il s’agit d’une maladie d’apparition soudaine qui suit habituellement un cours bénin avec des symptômes tels que des maux de tête, la fièvre, l’épuisement, des douleurs musculaires et articulaires sévères, un gonflement des ganglions lymphatiques, ainsi qu’une éruption cutanée. D’autres signes comprennent le saignement des gencives, des douleurs sévères au niveau des yeux, ainsi qu’une coloration en rouge des mains et de la plante des pieds.

La dengue est l’une des maladies tropicales qui peuvent affecter n’importe qui. Mais elle tend à être plus sévère chez les personnes ayant un système immunitaire affaibli. La maladie est immunisante, mais vu qu’il existe 5 sérotypes différents du virus, il est possible de la contracter plusieurs fois. Les victimes de la dengue ont souvent des contorsions en raison de la douleur intense dans les articulations, les muscles et les os, d’où le nom de fièvre squelettique.

La fièvre hémorragique de la dengue est une forme plus sévère de la maladie. Les symptômes comprennent des maux de tête, de la fièvre, des éruptions cutanées, des hémorragies, des selles noires ou des ecchymoses. Cette forme de fièvre de dengue peut engager le pronostic vital du patient. Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif, mais des soins palliatifs pour améliorer l’état du patient. Un nouveau vaccin est disponible depuis 2016.

La dengue est endémique dans des régions comme le sous continent indien, l’Asie du Sud-est, le sud de la Chine, Taiwan, les îles de l’océan Pacifique, les Caraïbes (excepté Cuba et les Îles Caïman), au Mexique, en Afrique, ainsi qu’en Amérique centrale et australe (excepté au Chili, au Paraguay et en Argentine).

Voir notre guide complet sur la dengue

La fièvre jaune

Parmi les maladies tropicales, la fièvre jaune est une pathologie infectieuse virale aiguë principalement transmise aux humains par la morsure d’Aedes aegypti, une espèce de moustique abondante dans les centres urbains. Bien que de nombreux cas de fièvre jaune soient bénins, la maladie peut avoir dans certains cas une issue fatale. Cette maladie virale est endémique dans les régions tropicales d’Afrique, d’Amérique du Sud, des Caraïbes et d’Amérique centrale. Chaque année, on compte environ 200 000 cas de fièvre jaune dans le monde, pour environ 30 000 décès.

Une augmentation du nombre de cas de fièvre jaune au cours des dernières décennies a conduit à des campagnes visant à améliorer la sensibilisation du public. Dans les cas légers, la fièvre jaune provoque de la fièvre, des maux de tête, une perte d’appétit, des nausées et des vomissements. Mais le mal peut s’aggraver et entraîner des problèmes cardiaques, hépatiques et rénaux, ainsi que des saignements. La dissémination du virus peut affecter la moelle osseuse, la rate, les ganglions lymphatiques, les reins et le foie, en plus d’autres organes.

Les lésions tissulaires du foie, par exemple, peuvent entraîner une jaunisse et perturber le mécanisme de coagulation sanguine. Chose importante à retenir : plus de 50% des personnes atteintes de la forme la plus sévère de la fièvre jaune meurent de la maladie. Aucun traitement spécifique n’existe. La prise en charge est symptomatique. Un vaccin existe bien heureusement.

Voir notre guide complet sur la fièvre jaune

Encéphalite japonaise

L’encéphalite japonaise est une maladie virale transmise par des moustiques du genre Culex. La période d’incubation est d’environ 4 à 14 jours. Des infections légères peuvent se produire sans symptômes apparents autres que la fièvre et des maux de tête. L’infection aigüe est marquée par l’apparition rapide de maux de tête, une forte fièvre, la raideur du cou, des troubles mentaux, le coma, des tremblements, des convulsions occasionnelles (surtout chez les enfants) et la paralysie.

Le taux de létalité peut atteindre 30% chez ceux qui développent des symptômes. Parmi ceux qui y survivent, 20 à 30% gardent des séquelles neurologiques. Les moustiques à l’origine de la maladie pullulent dans les zones humides telles que des rizières et s’infectent en se nourrissant du sang de porcs et d’oiseaux sauvages infectés par le virus de l’encéphalite japonaise.

La maladie n’est pas directement transmise de personne à personne. Aucun traitement curatif n’est disponible, mais la vaccination permet de se prémunir contre cette maladie rare, dont les conséquences peuvent être fatales. L’encéphalite japonaise est présente dans les pays d’Asie du sud comme le Japon, Taiwan, la Corée du Nord, la Corée du Sud, la Chine, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, l’Inde, le Sri Lanka, le Cambodge, la Malaisie, Singapour, l’Indonésie, le Timor Oriental et la Papouasie Nouvelle Guinée.

Voir notre guide complet sur l’encéphalite japonaise

Le virus Zika

Le virus Zika (ZIKV) est un membre de la famille de virus Flaviviridae. Il est transmis par des moustiques diurnes, tels qu’Aedes aegypti et Aedes albopictus. Son nom provient de la forêt de Zika en Ouganda, où le virus a été isolé pour la première fois en 1947.

Le virus Zika est apparenté à ceux de la dengue, de la fièvre jaune, de l’encéphalite japonaise et celui du Nil occidental. Depuis les années 1950, il était confiné dans une étroite bande tropicale allant de l’Afrique à l’Asie. De 2007 à 2016, le virus s’est propagé vers l’est, dans l’océan Pacifique et vers les Amériques, ce qui a conduit à une épidémie. L’infection, connue sous le nom de fièvre Zika ou maladie du virus Zika, ne provoque souvent que des symptômes très légers, semblables à ceux d’une forme très bénigne de la dengue.

Bien qu’il n’y ait pas de traitement spécifique, le paracétamol et le repos peuvent contribuer à l’amélioration des symptômes. Zika peut se propager d’une femme enceinte à son bébé, causant une microcéphalie, des malformations graves du cerveau et d’autres anomalies congénitales.

Les pays à risque comprennent des pays d’Amérique centrale comme Belize, le Costa Rica, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Panama. On trouve également le virus en Amérique du Sud avec des pays comme l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Equateur, la Guyane, le Paraguay, le Pérou, le Suriname, l’Uruguay et le Venezuela.

Dans les Caraïbes, nous avons Haïti, Cuba, Barbade, les Îles Vierges américaines, la République dominicaine, la Jamaïque, Trinité et Tobago, Aruba, Saint-Vincent-et-les Grenadines, la Nouvelle-Calédonie et Saint Martin. En Asie, la pathologie est présente dans des notions telles que le Laos, les Philippines, le Bangladesh, le Vietnam, Singapour et la Malaisie. En Afrique, la maladie a été signalée en Guinée-Bissau et en Angola. Depuis peu, la maladie a fait son apparition aux Etats-Unis, dans des états comme la Floride.

Voir notre guide complet sur le virus Zika

Comment éviter de se faire piquer par les moustiques ?

Comme nous le voyons, la plupart des principales maladies tropicales sont transmises par des moustiques. Éviter leur piqûre constitue donc votre première ligne de défense contre ces pathologies. D’abord et avant tout, pensez à votre garde-robe, lorsque vous voyagez dans des destinations chaudes et exotiques. Il est facile de se laisser tenter par des shorts et autres vêtements très relax, mais ne commettez pas cette erreur, car les moustiques sont susceptibles de vous cibler si vous laissez exposées de larges portions de votre peau

Les moustiques sont attirés par les zones du corps où le sang circule le plus près de la surface de la peau, y compris les poignets, les chevilles et le cou. Les piqûres peuvent être évitées en suivant ces simples conseils. Portez des vêtements à manches longues si possible. Appliquez un anti-moustique sur les zones exposées et évitez de porter des vêtements aux couleurs vives.

La deuxième technique préventive serait d’utiliser un insectifuge efficace. Les insectifuges les plus populaires sur le marché contiennent du DEET (diéthyltoluamide), un insectifuge très efficace qui aide à prévenir les piqûres d’insectes en interférant avec les récepteurs situés sur leurs antennes, ce qui les empêche de détecter votre présence.

Cependant, le voyageur avec une peau plus sensible peut opter pour une alternative naturelle pour lutter contre les maladies tropicales et utiliser un insectifuge sans DEET. Ce type de répulsifs contient des ingrédients tels que des extraits d’huile d’eucalyptus et la pyridine. Bien que les moustiques aient tendance à être les plus actifs entre le crépuscule et l’aube, les moustiques qui portent l’infection de la dengue sont actifs pendant la journée, donc vous devez toujours vous assurer d’appliquer votre insectifuge, jour ou nuit.

Les insectifuges peuvent également être utilisés pour traiter les vêtements, mais peuvent avoir des effets néfastes sur certains tissus ainsi que sur les plastiques, le DEET agit comme un solvant lorsqu’il entre en contact avec des plastiques, de sorte qu’il est judicieux de l’écarter de tous les articles en plastique. Des sprays de perméthrine sont largement disponibles et peuvent être utilisées pour traiter les moustiquaires, les vêtements et autres équipements de voyage tels que les sacs à dos.

La nuit, dormez sous une moustiquaire imprégnée et de préférence dans une chambre climatisée, car ce type de chambre est généralement conçu pour empêcher toute intrusion d’insectes depuis l’extérieur. Cette simple précaution peut vous protèger efficacement des maladies tropicales.

Se faire vacciner contre les maladies tropicales

Des vaccins sont disponibles pour la fièvre jaune, la dengue et l’encéphalite japonaise. Si vous devez visiter une région à risque, il est important que vous vous fassiez vacciner.

Se faire vaccinerLe 17D est l’unique vaccin contre la fièvre jaune. Il est formulé à partir de virus vivants atténués. Avec un taux d’efficacité approchant les 100%, il fait partie des vaccins les plus efficients. Tous les individus âgés de plus de 09 mois doivent recevoir une dose unique en injection sous-cutanée. La protection devenant effective 10 jours après l’injection, vous devez vous faire vacciner au moins 10 jours avant votre départ dans une zone à risque.

Le CYD-TDV ou Dengvaxia est le premier vaccin contre la dengue. Produit par Sanofi Pasteur, ce vaccin à base de virus vivant atténué permet de réduire de 80% le nombre de cas sévère de dengue. Trois doses sont recommandées pour une protection efficace. Il faut cependant reconnaître que très peu de pays ont jusqu’ici approuvé ce vaccin.

Il existe un vaccin contre l’encéphalite japonaise qui peut être utilisé chez les adultes et les enfants de plus de deux mois. La vaccination est administrée en injection et nécessite deux doses pour une protection complète, la deuxième dose étant donnée 28 jours après la première. Les personnes âgées de 18 à 65 ans peuvent recevoir le vaccin selon un calendrier accéléré, où la deuxième dose est administrée sept jours après la première. Le processus de vaccination doit être achevé au moins sept jours avant l’exposition potentielle au virus de l’encéphalite japonaise.

Mesures d’hygiène pour éviter toutes les maladies tropicales

Outre les principales maladies tropicales, les tropiques sont aussi propices à des pathologies comme la fièvre typhoïde, la diarrhée,

’hépatite A, la gastroentérite et le choléra. L’adoption et le strict respect de certaines règles d’hygiène vous mettra à l’abri de ces fléaux. En premier lieu, il faut penser à vous laver les mains. Cela peut paraître élémentaire, mais de nombreuses personnes oublient parfois ce simple geste. De nombreux voyageurs utilisent des gels hydroalcooliques, mais ces derniers ne peuvent pas remplacer un bon lavage avec de l’eau et du savon.

Comme seconde précaution, ne buvez que de l’eau non embouteillée. Lorsque vous ne pouvez pas être sûr de la pureté de l’eau locale ou que vous voyagez dans des zones où l’assainissement n’est pas idéal, alors il faudrait éviter de boire l’eau du robinet. Même si les habitants le consomment sans aucun problème, votre estomac peut ne pas avoir la bonne bactérie pour vous protéger contre les maladies.

En dernière position, vous devez faire attention aux aliments que vous consommez. Évitez les salades qui ont peut-être été préparées avec des eaux locales non traitées. Abstenez-vous également de consommer des fruits et légumes crus que vous n’avez pas lavé ou épluchés vous-même, de même que les aliments qui ont été laissés de côté et exposés pendant une longue période de temps.

Des vacances sous les tropiques constituent de merveilleux moments de détente et de ressourcement. Pour profiter au mieux de vos vacances, il est essentiel que vous preniez toutes les mesures pour vous mettre à l’abri de fléaux comme le paludisme, la fièvre jaune, la dengue, l’encéphalite japonaise et autres maladies tropicales. Faites-vous vacciner contre la fièvre jaune, la dengue et l’encéphalite japonaise. Une fois sur place, éloignez les moustiques vecteurs de ces pathologies en utilisant des sprays insectifuges et en portant des vêtements adaptés. Observez également une hygiène stricte et éviter de consommer des aliments et de l’eau contaminés.