gale nodulaire

Nodule scabieux

La gale nodulaire, également appelée nodule scabieux, est une variante clinique bien connue de la gale, une maladie dermatologique qui affecte des millions de personnes à travers le monde. Elle est caractérisée par l’apparition sur la peau de nodules prurigineux qui persistent même après le traitement spécifique de la gale.

Maladie plus fréquente chez les très jeunes enfants, le nodule scabieux survient chez environ 7% des patients atteints de gale. Ces nodules sont la conséquence d’une hypersensibilité aux restes des acariens ou aux antigènes retenus par le corps. Le traitement de ces nodules scabiétiques peut être un défi. Ils sont généralement traités avec des stéroïdes topiques ou avec des stéroïdes intralésionnels, mais la réponse est moins que satisfaisante et les rechutes sont fréquentes. 

Qu’est-ce qu’un nodule scabieux ?

Le nodule scabieux ou gale nodulaire est une manifestation rare de l’infestation scabiétique. Dans certains cas, une personne atteinte de gale développe des nodules cutanés plutôt qu’une éruption cutanée. La gale nodulaire se caractérise par des papules ou des bosses brun-rouge.

nodule scabieux
Les nodules scabieux peuvent mesurer jusqu’à 5 millimètres de large, et ils se produisent généralement sur les parties de la peau couvertes par les vêtements, comme le tronc, le haut des jambes, les organes génitaux masculins, l’aine et la région axillaire. Chez l’enfant, les éruptions apparaissent sur tout le corps.

Les organes génitaux et le scrotum sont les sites les plus courants de son apparition. L’absence de couche graisseuse sous la peau du scrotum, du pli nasolabial et de la zone périorbitaire rend ces zones plus sujettes à l’induration et à la formation de nodules.

Des modifications cutanées accompagnées de démangeaisons très graves peuvent persister plusieurs semaines après le traitement. La gale nodulaire est une réaction d’hypersensibilité à l’infestation scabiétique caractérisée par des nodules prurigineux persistants qui peuvent subsister même après le traitement de l’infestation initiale. 

Une réaction d’hypersensibilité retardée aux acariens, aux œufs ou à la scybale (paquets de matières fécales) se produit environ 30 jours après l’infestation. Cette réaction est responsable du prurit intense. Les individus qui sont déjà sensibilisés à une infestation antérieure peuvent développer des symptômes en quelques heures.

Les nodules surviennent chez 7 à 10% des patients atteints de gale, en particulier les jeunes enfants. Chez les nouveau-nés incapables de se gratter, des nodules brun rosé dont la taille varie de 2 à 20 mm de diamètre peuvent se développer.

Quelles sont les causes du nodule scabieux ?

Comme souligné plus haut, le nodule scabieux est une manifestation clinique de la gale. La gale, elle-même, est une affection cutanée causée par un acarien appelé Sarcoptes scabiei. Les acariens s’infiltrent dans la peau. Ils y vivent et pondent des œufs. La maladie peut être transmise par des objets, mais elle est le plus souvent transmise par contact direct avec la peau infectée, avec un risque accru si le contact est prolongé. 

Le développement du nodule scabieux est généralement considéré comme une réaction d’hypersensibilité retardée à l’acarien responsable de la gale, à ses œufs et à sa scybale (ses déjections). Cependant, une théorie contestataire a été proposée. Elle suggère que c’est la pénétration plus profonde de l’acarien dans le derme qui conduit à la réponse inflammatoire plus vigoureuse.

Diagnostic du nodule scabieux

Bien que la physiopathologie exacte reste incertaine, il est important de reconnaître la gale comme cause principale de nodules scabieux chez un patient présentant des facteurs de risque d’infestation scabiétique afin de prévenir les erreurs de diagnostic et de permettre une prise en charge adéquate.

La gale nodulaire peut persister longtemps après le traitement de l’infestation initiale et peut être difficile à éradiquer. Les infestations scabiétiques atypiques peuvent se présenter comme des imitations de nombreuses autres affections cutanées, y compris, mais sans s’y limiter, l’histiocytose à cellules de Langerhans, le Pityriasis rosea ou la pemphigoïde bulleuse. 

La gale nodulaire en particulier a été décrite comme une imitation de la mastocytose cutanée, car elle peut généralement présenter un signe de Darier positif. Il s’ensuit qu’un examen approfondi et un indice de suspicion élevé sont nécessaires pour poser le diagnostic du nodule scabieux.

gale nodulaire
Les lésions nodulaires imitant la mastocytose cutanée peuvent apparaître comme la seule manifestation de la gale ou comme des lésions réactives après un traitement complet de la gale. Il est important de reconnaître les deux situations pour établir un diagnostic et un traitement corrects.

Un examen physique approfondi pour identifier l’infestation scabiétique et des observations microscopiques subséquentes peuvent confirmer le diagnostic sans avoir besoin d’une biopsie cutanée.

L’examen histologique des nodules est parfois utile pour différencier la gale nodulaire des papules ou nodules persistants. Des études antérieures ont toutefois montré que les acariens et les parties d’acariens sont généralement absents des nodules scabiétiques.

Traitement

Le traitement de la gale nodulaire peut être difficile. L’approche standard qui consiste en l’utilisation d’un scabicide est suivie d’un traitement symptomatique du nodule. Les scabicides utilisés comprennent la perméthrine, le crotamitone, le lindane et l’ivermectine. Les lésions nodulaires sont traitées avec des stéroïdes topiques ou des stéroïdes intralésionnels mais la réponse est moins que satisfaisante et les rechutes sont fréquentes.

Il est préférable de commencer un traitement antibiotique systémique oral, si l’étendue de l’atteinte le justifie avant de commencer un traitement acaricide. L’utilisation à long terme de corticostéroïdes topiques peut provoquer une atrophie de la peau scrotale. Le tacrolimus est utilisé en raison de ses effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs.

Le tacrolimus inhibe également la libération d’histamine par les mastocytes et les basophiles. Ces actions peuvent réduire le prurit. Divers rapports ont montré l’efficacité du tacrolimus dans un certain nombre de troubles cutanés inflammatoires tels que le psoriasis, le vitiligo, le lichen plan érosif oral, la morphée, la balanite circinante et la dermatite séborrhéique.

Étant donné que la réaction d’hypersensibilité peut persister plusieurs semaines à plusieurs mois après l’éradication des acariens, un suivi étroit avec des examens approfondis est recommandé pour garantir l’absence de rechute de cette infestation récalcitrante. 

Dans certains cas, le nodule scabieux peut disparaître spontanément au bout de quelques semaines ou de quelques mois. Un traitement précoce et agressif de la gale peut aider à réduire l’incidence du nodule scabieux. 

Sources

  • http://www.chu-rouen.fr/mtph/fiches/GALE.pdf
  • https://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_1218_gale.htm#
  • https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-dermatologiques/infections-parasitaires-cutan%C3%A9es/gale
  • https://www.wiv-isp.be/matra/Fiches/Gale.pdf
  • https://www.hug-ge.ch/dermatologie-venereologie/symptomes

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