Cancer colorectal : qui touche-t-il ?

Les cancers constituent la seconde cause de mortalité dans le monde, étant responsables de plus de 10 millions de morts chaque année. Le cancer colorectal représente quant à lui le deuxième cancer le plus meurtrier sur le territoire français. Comme son nom l’indique, il se forme au niveau du rectum ou du côlon, c’est-à-dire dans la dernière partie du gros intestin. Le cancer colorectal apparaît plus souvent dans les pays industrialisés à cause de l’alimentation, de la sédentarité et du mode de vie de la population.

Le cancer colorectal est une maladie touchant les cellules qui tapissent la paroi interne du rectum ou du côlon. Il se crée à partir d’une cellule normale, qui se transforme et se multiplie de manière anarchique. Ce développement passe inaperçu jusqu’à ce qu’une tumeur maligne apparaisse. Ce cancer est fréquent, mais peut être guéri dans 9 cas sur 10 s’il est dépisté à un stade précoce.

Cancer colorectal : de quoi s’agit-il ?

Également connu sous le nom de « cancer du côlon-rectum », le cancer colorectal fait référence à une pathologie cancéreuse touchant en majeure partie des individus âgés de plus de 50 ans. Cette tranche d’âge regroupe près de 94 % des cas avérés de cancer colorectal.

Définition du cancer colorectal

Il s’agit d’une tumeur maligne affectant le rectum ou le côlon. Elle se développe à partir des cellules présentes au niveau de la muqueuse du côlon. Cela crée un polype adénomateux pouvant évoluer en maladie cancéreuse.

Les polypes désignent des lésions à fort potentiel précancéreux. Leur ablation est souvent effectuée à titre préventif, afin d’éviter toute transformation en cancer colorectal. Cette opération ne peut cependant survenir avant qu’un dépistage n’ait eu lieu. Des facteurs génétiques peuvent intervenir dans le développement de cette pathologie. Vous obtiendrez plus d’informations sur le dépistage du cancer colorectal auprès de cliniques spécialisées.

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Symptômes du cancer colorectal

Le cancer colorectal présente des symptômes relativement tardifs. Ils ne se manifestent que lorsque cette maladie se trouve à un stade avancé. L’un des principaux signes d’alerte est la présence de sang dans les selles. Ce cancer peut aussi être révélé par des douleurs abdominales intenses, des diarrhées ou des constipations répétitives. Les troubles du transit intestinal font partie des signes avant-coureurs de cette maladie. Parfois, le cancer passe inaperçu jusqu’à la détection de métastases.

Un cancer colorectal peut aussi se manifester par des symptômes plus indirects :

  • la présence d’une masse lors de la palpation de l’abdomen,
  • une anémie inexpliquée,
  • une envie régulière d’aller à la selle,
  • une dégradation de l’état de santé général,
  • une perte d’appétit,
  • une perte de poids,
  • une grande fatigue.

À l’instar de nombreux types de cancers, les symptômes rattachés au cancer colorectal ne sont pas spécifiques. Un avis médical s’avère donc nécessaire pour étudier leur intensité, leur fréquence et leur chronicité. Si cette maladie n’est pas traitée, elle peut se propager dans les glandes lymphatiques, le foie et dans d’autres parties de l’organisme.

Causes du cancer colorectal

La majorité des cancers colorectaux sont considérés comme des adénocarcinomes. Ils découlent donc de la cancérisation d’un adénome (tumeur bénigne). Les facteurs influençant cette cancérisation sont :

  • l’âge (à partir de 50 ans),
  • la sédentarité,
  • l’obésité et le surpoids,
  • le tabagisme,
  • l’hérédité,
  • les maladies inflammatoires de l’intestin,
  • une alimentation déséquilibrée,
  • une consommation excessive d’alcool,
  • des antécédents de cancer du côlon-rectum.

Les maladies génétiques, comme la polypose adénomateuse familiale ou le syndrome de Lynch, créent aussi un risque élevé de cancer colorectal. Les polypes en très grand nombre sur la muqueuse du rectum ou du côlon caractérisant ces pathologies évoluent très souvent en tumeurs. Cela est souvent constaté avant le quarantième anniversaire des malades, quand un traitement n’est pas mis en place. Ce risque cancérigène est également présent chez les patients atteints de rectocolite hémorragique ou de la maladie de Crohn.

Formation et développement du cancer colorectal

Durant les premiers temps du cancer colorectal, les cellules cancéreuses sont limitées sur la première couche de la muqueuse ou de la paroi interne du côlon. Elles sont aussi peu nombreuses. La maladie est ainsi considérée comme un cancer in situ. Au fil du temps cependant, et lorsque cette tumeur n’est pas détectée, ces cellules malades peuvent s’étendre plus en profondeur à travers les autres couches et à l’intérieur de la paroi du côlon. La tumeur devient alors un cancer invasif.

La tumeur présente plusieurs cellules cancéreuses. Elles peuvent se détacher et circuler via les vaisseaux sanguins ou lymphatiques pour atteindre d’autres parties du corps, telles que :

  • les os,
  • le cerveau,
  • le péritoine,
  • les poumons,
  • le foie,
  • les ganglions lymphatiques à proximité du côlon.

Durant cette propagation, les nouvelles tumeurs formeront des métastases. Les tumeurs bénignes évolueront en cancer dans 80 % des cas en se développant, en grossissant et en se transformant. Ce processus de cancérisation dure plus de 10 ans en moyenne. Vous devez aussi savoir qu’un polype (ou adénome) ne se transforme en cancer que s’il est présent en grande quantité ou qu’il est de grande taille. Cela dépend également du type de l’adénome.

Stades du cancer colorectal

Un stade s’apparente au degré d’avancement du cancer ou à son étendue. Il varie selon une échelle de 0 à 4. Les 3 premiers stades correspondent aux cancers limités au côlon et localisés. Aucune métastase n’est constatée puisqu’aucun ganglion n’est atteint. Toutefois, il est possible d’étudier l’évolution de la maladie grâce aux différentes phases suivantes :

  • stade 0 : tumeur non menaçante et de petite taille dans la muqueuse,
  • stade 1 : tumeur s’étendant aux couches superficielles des tissus du rectum ou du côlon sans atteindre les tissus avoisinants,
  • stade 2 : tumeur traversant la paroi et s’étendant aux organes voisins sans atteindre les ganglions lymphatiques,
  • stade 3 : apparition du cancer au niveau des ganglions situés à proximité du rectum ou du côlon sans atteinte des organes éloignés,
  • stade 4 : cancer présentant différentes métastases et atteignant les poumons, le foie et les organes éloignés.

Traitements du cancer du côlon-rectum

Le cancer colorectal peut être traité de différentes manières. Les patients peuvent notamment avoir besoin d’une opération ou d’une chirurgie. Toutefois, la prise en charge thérapeutique de leur cancer dépendra de différents paramètres :

  • la typologie du cancer,
  • l’âge,
  • l’état général,
  • la présence de métastases,
  • la localisation et la taille de la tumeur.

Ainsi, le recours à la chirurgie n’est recommandé que dans certains cas. Elle consiste à éliminer la tumeur et une partie des tissus avoisinants. Le but est de limiter tout risque de récidive. Cette opération chirurgicale s’effectue généralement par voie cœlioscopique.

Autre manière de traiter le cancer colorectal : la colostomie. Cela consiste à créer un anus artificiel. Cette démarche requiert des sessions de chimiothérapie avant et après l’intervention. Cela permet d’éviter les récidives ou d’assurer une réduction significative de la taille de la tumeur. Seuls les cancers atteignant le rectum nécessiteront une radiothérapie.

Prévention des tumeurs colorectales

Vous pouvez réduire vos risques de développer un cancer colorectal grâce plusieurs actions préventives. Une bonne hygiène de vie, associée à une alimentation saine (légumes, fruits, céréales complètes, poisson…), est primordiale. Il est aussi conseillé d’arrêter l’alcool et le tabac, et de pratiquer régulièrement une activité sportive.

Les principales victimes du cancer colorectal

Le cancer colorectal apparaît le plus souvent chez les personnes âgées de plus de 65 ans. La France fait partie des pays où le risque s’avère relativement élevé. C’est aussi le cas des autres pays d’Europe occidentale, de l’Australie et de l’Amérique du Nord. Les pays asiatiques et africains sont moins touchés. Cette maladie peut toucher aussi bien les femmes que les hommes. Toutefois, les cancers du rectum sont deux fois plus fréquents chez les hommes.

Les femmes et les hommes âgés de plus de 50 ans doivent ainsi réaliser un test de dépistage immunologique, gratuit en France et en Belgique. Toutefois, les individus les plus concernés par cette maladie restent les patients atteints de rectocolite hémorragique, de polypose adénomateuse familiale et du syndrome de Lynch.

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Le dépistage du cancer colorectal

Un dépistage est indispensable pour savoir si une personne est atteinte ou non du cancer colorectal. Cette démarche peut s’effectuer de différentes façons. Parmi les examens de diagnostic préconisés, on cite le toucher rectal. Cette méthode permet de constater une tumeur localisée à moins de 8 cm de l’anus. Elle permet aussi de connaître la taille de la tumeur ainsi que sa distance par rapport aux sphincters.

La coloscopie constitue un autre type d’examen de dépistage. Elle permet de visualiser la muqueuse de la paroi intestinale. Son application implique le suivi de 2 protocoles opératoires. L’un nécessite l’introduction d’un tube coloscopique dans le côlon. L’autre est une coloscopie virtuelle par scanner. Cette dernière est privilégiée pour les personnes ne pouvant pas faire l’objet d’une coloscopie classique.

Le test immunologique est de loin le procédé le plus utilisé pour diagnostiquer un cancer colorectal. Il s’agit d’un test efficace et pratique visant à constater la présence de sang dans les selles. Un cancer colorectal peut en effet provoquer des saignements minimes impossibles ou difficiles à détecter à l’œil nu. Seul un test immunologique permet de vérifier leur présence.